Pour tous ceux qui ont envie de se former à la foi sans discussion stérile, mais avec un partage entre ceux et celles qui suivent la formation !
Author Archive: Nescio
L’impulsivité décide
Voilà, une des nouvelles à la télévision : les gens deviennent de plus en plus impulsifs. Par exemple, pour décider si on veut aller à la côte pour une journée sur la plage, on décide au dernier moment. On se laisse guider par les sentiments du moment pour décider s’ils y vont ou pas.
Cela va aussi pour les achats que ces gens font à la côte, et donc des produits impulsifs. Ce sont des produits ‘coup de coeur’. Ça marche bien. Les gens achètent avec leurs sentiments.
Et plus avec leur tête. L’intellect est mis au second rang. “Il faut le sentir” “Si on le fait avec le coeur, alors c’est bien”. On ne peut plus faire quelque chose avec la tête, mais uniquement avec le coeur.
Et puis on s’étonne d’autant de malheur dans les relations, où les gens ne sont plus capables de vivre ensemble. Forcément, si tout le monde vit selon ses sentiments, alors on se sépare dès qu’on ne sent plus. Ou simplement, la séparation devient très souvent une question d’un coup de tête, ou de coup de coeur.
C’est quand qu’on remet l’intelligence à la place qu’elle mérite ?
La croissance monétaire n’est pas illimitée
Cette vidéo est inspirée par les théories économiques de Helmuth Creutz. Je l’ai utilisé à la Haute Ecole IESN à Namur avec des étudiants en comptabilité.
Il explique très bien combien il n’est pas possible qu’économique la masse d’argent peut grandir sans à un moment faire exploser le système que la croissance suppose.
Il me semble que l’explication du début est très éclairante. Dans la nature, rien n’a une croissance infinie.
On les appelle les économistes monétaristes (monetary economists). Ils disent que la masse monétaire cause l’inflation.
Paul Aries sur la Décroissance
Voici un interview que Paul Ariès a donné sur la décroissance. Il explique pourquoi nous ne pouvons plus continuer à vivre comme nous vivons maintenant.
La NVA et son slogan
Pas mal comme idée :
Denken. Durven. Doen
ou
Penser. Oser. Faire.
Je ne dis rien sur le fond de leurs idées.
Les informaticiens
Pour ne pas être réducteurs, il y a deux types d’informaticiens :
– ceux qui ne connaissent pas les détails, mais veulent surtout montrer qu’ils savent et donc installent des trucs compliqués qui prennent beaucoup de temps à entretenir ; ainsi ils sont surtout très occupés parce que l’informatique, c’est très prenant comme matière
– ceux qui connaissent les détails, et n’ont aucun besoin de montrer qu’ils savent et donc installent des trucs simples qui prennent peu de temps à entretenir puisqu’ils sont simples ; ainsi ils ont plein de temps pour gérer l’humain autour de l’informatique qui coûte beaucoup plus de temps que l’informatique même.
L’informatique n’est pas une science exacte, mais une science sociale.
Toxicité du Roundup : une expérience vécue.
Voici un message sur un mailinglist d’OVH. Je trouvais que le message méritait d’être plus largement connu.
Auto-critique des enseignants
Croyez-moi les enseignants ne sont pas très enclins à l’auto-critique. Ce sont toujours les élèves qui sont en cause jamais eux.
Qu’ils ne veulent pas changer leur cours, c’est normal ; mais que les étudiants ne font plus rien, c’est incompréhensible.
Que les étudiants font autre chose qu’étudier, c’est inadmissible. De leur temps, ce n’était pas comme ça. Par contre, qu’un enseignant doit faire une minute supplémentaire, c’est hors de question.
Les étudiants prennent plus d’initiative, de notre temps, ce n’était pas comme ça. Par contre, eux dans leur travail, prennent encore en constance des initiatives. Depuis 20 ans c’est le même cours qui se donne, juste quelques textes de lectures ont changé.
Les étudiants ne travaillent plus. De leur temps, ils travaillaient beaucoup pour l’école. Que les interros ne soient toujours pas rendues 2 mois plus tard, c’est normal. Le prof n’a pas le temps.
L’étudiant ne peut pas invoquer des situations privées pour des cours et des billets médicaux de complaisance c’est hors de question, par contre le prof est absent en constance pour cause de maladie.
Je suis prof.
Le salut de la Transcendance est communication
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S’il m’est devenu évident que le salut est une question d’identité – altérité, je n’ai pas encore développé la notion dans le sens de certains philosophes du langage.
Ces philosophes diraient certainement que la notion du salut est un concept que l’homme a inventé pour exprimer des réalités qu’il perçoit autour de lui. Le problème n’est pas ici d’avoir choseifié le salut, le problème est plutôt que la notion du salut crée automatiquement son contraire : la perdition. Si Jésus est venu annoncer quelque chose, c’est justement plus personne était perdu ! Dans le langage il n’y a pas moyen de parler de quelque chose sans désigner son contraire. ‘Blanc’ n’existe que parce que nous un panoplie de couleur en tête. La couleur blanche n’existe que parce qu’il y a toutes ces autres couleurs. Pour des mots plus binaires comme bonheur, il n’existe qu’un seul contraire, et c’est malheur.
Si nous continuons dans cette pensée du langage, il faut peut-être aller chercher au-delà du langage. Là nos philosophes vont tout de suite répondre que ce n’est pas possible. L’homme ne peut pas penser à quelque chose pour lequel il n’a pas de mots. Il n’est pas trop compliqué de démontrer que nous ne voyons que ce que nous connaissons et que nous dérivons les nouveaux concepts à partir des concepts que nous avons.
En même temps que le mot ‘salut’ crée son contraire, ne pouvons-nous pas dire également que le mot ‘salut’ est particulièrement violent : il phagocyte le mal qui ne peut que disparaître. Mais si le mal disparait, il n’y a plus de salut. Donc le salut a en quelque sorte, besoin de la perdition. La religion chrétienne a besoin de la notion de l’enfer pour pouvoir parler du salut. L’existence de l’homme a créé le mal, et pas Dieu. Même si dans le couple Homme-Mal, les deux ne se réduisent pas, puisque l’homme existera toujours, tout comme le mal, en ce qui concerne le salut, elle n’est possible que la perdition devient impossible.
Quelle tension entre ces deux mots, le mot même qui indique notre salut, est aussi notre possibilité de chute. Comment trouver des mots qui peuvent conduire à une solution ? Il me semble qu’il faut retourner au peuple juif et retrouver les mots qu’ils utilisaient pour parler du salut. Le peuple juif avait bien une notion de salut. ‘Dieu sauve’ est une phrase courante dans la Bible. Pour eux par contre le salut est plutôt la fidélité à l’Alliance et l’observance des lois. Attention, cela ne veut pas dire que salut était la pratique de la Loi.1
Si on se pose dans une dynamique et dans une histoire, où ce n’est pas nous qui pensons notre salut, mais où le salut se donne à penser, alors le salut va venir vers nous au lieu de nous qui allons vers le salut. Alors le salut va se lire sur le visage de l’autre. Et dans le visage de l’autre il y a la transcendance qui parle. Si on peut parler de salut quand on rentre en contact avec le visage de l’autre, alors le salut est ce moment insaisissable et inracontable du bonheur de l’étonnement d’une présence. Au lieu de faire des grandes théories, et sans justement phagocyter le monde et les concepts, penser le salut à partir de la transcendance me parait plus juste.
Les mots sont tellement accapareurs de sens qu’il nous faut quelques concepts pour tout déconstruire. Mais dans la déconstruction, il ne faut que quelques concepts pour remettre de l’ordre, dans le sens d’ordination vers, être ordonné à Autrui. Le mot Transcendance, un concept que les Juifs ont beaucoup mieux compris que nous les chrétiens, est le mot par excellence qui peut guider vers l’autre (ce destin du salut au sens classique), qui se montre et fait irruption (ces moments de bonheur et de libération au sens classique), et qui peut se définir en transcendance. Le mot transcendance est un des rares mots qui est un paradoxe en lui-même puisque peu de mots indiquent en eux-mêmes une réalité qui les dépasse. La Transcendance indique justement ce qu’elle signifie en disant qu’elle dépasse le signifiant. Tout ce que nous pouvons imaginer avec le mot, ne couvrira jamais le mot. Le mot sera toujours plus grand que le mot.
Penser le salut à partir de la Transcendance et le temps est la seule possibilité pour donner une place à ce Dieu révélé en Jésus-Christ d’être cet Autre qui nous surprend. Peut-être que le salut est donc simplement ni même l’être en chemin, ni nous surprend, ni se transcende, mais simplement l’être en contact.
Si l’homme est baigné dans le langage, et que tout ce qu’il peut penser n’est que langage, alors tout son être est destiné au langage. Qui dit langage dit un parler, et qui dit parler dit Autre. Donc forcément l’homme est destiné à la communication. Mais cet Autre est lui-même communication. La meilleure définition pour l’Autre est la communication de lui-même, l’Autre se donne en constance, l’autre se parle en constance, l’Autre se communique dans le sens de rentrer en union sans jamais phagocyter l’Autre. La parole faite chair n’est rien d’autre que la communication de l’Autre avec une femme. L’Autre ne peut communiquer avec l’homme qu’à la manière qu’il a communiqué son Verbe à la femme : il l’a couverte de son ombre. La Transcendance ne peut que se communiquer en étant l’anti-présence de la présence humaine qui rentre dans une relation de violence et non violence avec l’humain. La transcendance doit communiquer avec l’homme à la manière d’une non-présence parce qu’il est le respect absolu pour l’humain et que sa relation avec l’humain ne peut que se définir en dehors de toute violence.
Entrer en contact avec l’Autre qui se communique est donc le salut de l’humain. Dans une psychothérapie, le patient ne fait rien d’autre que d’entrer en contact, de communiquer avec l’Autre. Dans la mesure qu’il arrive d’entrer en contact, il se sauve. Mais s’il y arrive, c’est que l’Autre s’est donné déjà à lui dans une relation qui ne se définit pas par la présence-non présence des relations humaines, ni par la violence-non violence des relations humaines. L’Autre vient sous la forme d’une ombre qui se donne à voir, à sentir, à écouter, à gouter et finalement à toucher. Toucher l’Autre est l’ultime communication de la Transcendance qui vient vers nous. Ce toucher sera toujours sous la forme de l’insaisissable. Si l’Autre se laisse toucher, ce sera toujours sous la forme d’un déjà fini. Au moment où l’homme en prend conscience, l’Autre s’est déjà dessaisi. Le Christ n’a rien fait d’autre avec les disciples d’Emmaüs. La présence de l’Autre sera toujours sous forme d’un dessaisissement.
Alors dans cette optique, le Même (ou le mal en terme classique) dont on veut se sauver, c’est tout ce qui coupe la communication avec l’Autre. D’abord parce qu’il ne laisse pas à l’Autre d’être ce qu’il est, c’est-à-dire communication, mais en plus parce que le Même coupe le contact de l’humain avec l’Autre. En coupant le contact, il coupe l’humain de lui-même puisque l’humain n’est que lui-même dans la mesure qu’il communique avec son autre. Le Même intervient donc y un triple niveau de couper de communication, ou un triple de niveau d’enfermement.
Quand Jésus est tenté au désert, il est tenté par le Même, et d’y rester, et surtout de ne communiquer ni avec l’Autre, ni avec les autres humains, ni même avec lui-même. Le Même va en constance se mettre dans la perversion du discours. La perversion du discours n’est pas le mensonge. Le mensonge n’est qu’une interruption temporaire de la chaine de signification. Comme le mensonge est lui-même langage, la chaine de signification ne s’arrête jamais. Tout mot, même mensonge, génère de la signification. Là où le Même intervient est dans la perversion de la Communication, où l’humain n’arrive plus qu’à communiquer avec le Même, où le contact ne se passe qu’avec le Même et où le Même se reproduit lui-même sans que l’autre se donne à lui dans sa transcendance. Le Même est le contraire de la Transcendance, et le contraire de la communication.
Le Même ne peut se transcender, le même ne peut être que Même et par là comme un serpent qui mord sa queue en constance. Le Même est présent dans la communication comme la présence qui phagocyte l’autre. Il ne peut que se positionner dans le coupe de la présence-non présence humaine. Il ne peut pas être ce que la Transcendance arrive à être, c’est une présence sous forme d’ombre, sous forme de respect absolu de l’autre. Le Même ne peut pas respecter la communication qui s’unit tout en restant en distance.
Les mystiques ont à multiples reprises décrit cette relation à l’autre comme une présence d’une non-présence. Et plus que le mystique s’approche de l’Autre, plus qu’il s’en éloigne. Plus qu’il communique avec l’autre plus qu’il y a silence entre ceux qui communiquent. Le moment suprême de la communication est d’évidence le silence. La mort du Christ ne pouvait se faire que dans le silence. Le Même est tout le contraire du silence. Dans l’éternité, il n’y aura pas de mots, ce sera le silence absolu.
Le salut est donc ce chemin sur lequel l’Autre se donne et nous communique. L’ultime salut est donc d’entrer dans le grand silence avec l’Autre où l’humain communique avec l’Autre sans dire un mot dans une présence qui n’en est pas une, mais sous forme d’une ombre qui couvre l’humain. Quand l’Autre parle cela ne peut que se faire dans un nuage où la vue ne trouble plus le toucher, mais où l’humain est entièrement rempli de l’Autre qui ne le respecte de manière absolue et qui tout en le remplissant ne fait que de créer le vide. Un vide qui se remplit en constance par la communication de l’Autre tout en se retirant de l’humain.
Voilà ce Dieu au-delà de tous les mots, c’est tout ce que nous pouvons dire de toi.
1Michel Quesnel (p. 97) nous met bien en garde contre une fausse interprétation qui date déjà du 1er siècle : « Observer les commandements n’a jamais été pour un Juif pieux une sorte de marchandage participant de la logique donnant-donnant, comme si la pratique de la Tora était une façon d’obliger Dieu à accorder sa justice. Dans le judaïsme, pratiquer la Tora est une grâce donnée par Dieu lui-même ; la loi n’est pas d’abord un catalogue de commandements à observer ; elle est don que Dieu accorde à son peuple par amour.